"Le Déserteur" est une chanson très célèbre écrite à l'origine par Boris Vian, sur une musique de Harold Berg, dont la première
interprétation par Mouloudji fut diffusée en 1954. De nombreux artistes l'ont repris dont Boris Vian lui-même, mais aussi Serge Reggiani, Richard Anthony, Claude Vinci,
Dan Bigras, Leny Escudero, Dédé Fortin et Peter, Paul and Mary, et surtout Jean Ferrat.
Le texte de la chanson comporte douze strophes de quatre vers en rimes embrassées. Il s’agit d’une lettre adressée au Président par un homme ayant reçu un ordre de mobilisation pour raison de
guerre. L’auteur de la lettre donne ses raisons de ne pas partir à la guerre, et révèle son intention de déserter préférant vivre de mendicité tout en incitant les passants à suivre son exemple.
C'st un vraiment un très beau texte profondément pacifiste qui a d'ailleurs été traduit dans de nombreuses langues.
En 1983, Renaud va en faire une adaptation, sous le titre "Déserteur". Paul Faber, conseiller municipal de la Seine, avait été choqué du passage à la radio de cette chanson, et avait demandé à ce
qu'elle soit censurée. En guise de réponse, Boris Vian écrivit une lettre mémorable qu'il diffusa partout sous forme de lettre ouverte, sous le nom de Lettre ouverte à Monsieur Paul
Faber.
. La version originelle de Boris Vian
les paroles
Monsieur le président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir Mes papiers militaires Pour partir à la guerre Avant mercredi soir
Monsieur le président Je ne veux pas la faire Je ne suis pas sur
terre Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher Il faut que je vous dise Ma décision
est prise Je m'en vais déserter
Depuis que je suis né J'ai vu mourir mon père J'ai vu partir mes
frères Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert Elle est dedans sa tombe Et se moque des
bombes Et se moque des vers
Quand j'étais prisonnier On m'a volé ma femme On m'a volé mon
âme Et tout mon cher passé
Demain de bon matin Je fermerai ma porte Au nez des années
mortes J'irai sur les chemins
Je mendierai ma vie Sur les routes de France De Bretagne en
Provence Et je dirai aux gens:
« Refusez d'obéir Refusez de la faire N'allez pas à la
guerre Refusez de partir »
S'il faut donner son sang Allez donner le vôtre Vous êtes bon
apôtre Monsieur le président
Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je n'aurai pas
d'armes Et qu'ils pourront tirer
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